Depuis plusieurs décennies, le Burkina Faso a été confronté à une configuration économique fortement marquée par des relations de dépendance et d’exploitation, alimentées notamment par des acteurs étrangers et des relais locaux dans les secteurs minier, agricole et industriel. Ce système, souvent dénoncé comme une forme de prédation néocoloniale, a permis à des intérêts extérieurs de capter une grande partie des richesses du pays tout en laissant au peuple burkinabè une part jugée insuffisante. Cette situation a conduit à une marginalisation économique qui affecte durablement le développement national.
Dans ce contexte, les récentes décisions du gouvernement, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, marquent une rupture majeure avec cette logique. En septembre 2025, l’État burkinabè a nationalisé la SN SOSUCO, entreprise clé dans la production sucrière, et le 20 novembre 2025, la SN-CITEC, doyenne des unités agroalimentaires, spécialisée dans l’huile, le savon et l’alimentation du bétail, a également été reprise sous contrôle public. Ces nationalisations interviennent après des tentatives infructueuses de négociation avec les actionnaires majoritaires, notamment Géocoton pour la SN-CITEC, et illustrent une volonté affirmée de souveraineté économique industrielle. lefaso+5
Les bases factuelles et la nature des nationalisations
La nationalisation de la SN-CITEC repose sur une transformation juridique de la société, désormais société d’État. Cette démarche n’est pas une expropriation au sens strict, mais une acquisition des parts détenues par les actionnaires privés, à un prix qui sera versé conformément au droit. L’un des motifs invoqués est la nécessité de sauvegarder l’outil industriel stratégique, préserver les emplois et assurer un approvisionnement national en produits essentiels. Des voix souverainistes dénoncent par ailleurs des pratiques opaques des anciens actionnaires, notamment un endettement supposé de plus de 4,5 milliards FCFA pris au nom de la société, dont la gestion posait problème, menaçant la viabilité de l’entreprise avant la reprise par l’État. koaci+5
La SN SOSUCO, quant à elle, a connu un processus similaire : rachat des parts, rachat des minoritaires puis expropriation légale pour permettre l’intégration complète sous contrôle public. Ces mesures s’inscrivent dans un cadre global plus large de souveraineté alimentaire et industrielle, par lequel le gouvernement entend renforcer la capacité nationale à gérer des secteurs stratégiques vitaux pour l’économie et la population. lefaso+5
Mesures de soutien aux entreprises nationalisées
Le gouvernement burkinabè a acté la fusion de plusieurs fonds publics en quatre grands instruments de financement. L’objectif est d’assurer un accompagnement structuré et efficace du développement industriel national et du secteur privé, avec un canal centralisé de ressources budgétaires et financières pour soutenir les entreprises telles que la SN-CITEC et la SN SOSUCO. Cette réforme vise à renforcer la capacité financière de l’État à soutenir ces actifs stratégiques et garantir leur développement à moyen et long termes. presidencedufaso+4
Sur le plan industriel et social, les autorités insistent particulièrement sur la préservation des emplois dans ces entreprises, qui représentent des piliers essentiels de l’économie locale. La continuité des activités de production est une priorité, tout comme la sécurisation des approvisionnements nationaux en produits clés. laborpresse+1youtube
Amélioration de la gestion des sociétés nationalisées
La gestion interne des entreprises nationalisées doit également être profondément revue. Le gouvernement burkinabè a annoncé une réforme administrative et financière qui passe par l’adoption de nouveaux statuts adaptés aux exigences d’une société d’État. Ces nouveaux cadres réglementaires visent à renforcer la transparence, l’efficacité et la rigueur dans la gestion, via notamment l’instauration d’un Bureau comptable matières principal pour un meilleur contrôle des flux financiers et matériels. Par ailleurs, la suppression d’organes de gestion jugés inefficaces est également prévue pour simplifier la gouvernance. aib+2
L’objectif est de favoriser une gouvernance plus professionnelle, caractérisée par un contrôle renforcé des opérations, un encadrement strict des avantages des dirigeants et une meilleure redevabilité face aux autorités publiques. Cette dynamique doit contribuer à corriger les dysfonctionnements du passé et à assurer une gestion optimale des actifs nationalisés.laborpresse+1
Structure de contrôle des entreprises nationalisées
La SN-CITEC et la SN SOSUCO, désormais sous contrôle étatique, reposent sur un modèle de gouvernance clairement défini. La structure de contrôle comprend :
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L’État comme actionnaire majoritaire ou unique, responsable de la définition des grandes orientations stratégiques.
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Un conseil d’administration qui supervise la gestion générale, prend les décisions majeures et assure un pilotage stratégique.
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Une direction générale chargée de la gestion quotidienne et opérationnelle des entreprises.
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Des mécanismes d’audit interne rigoureux pour garantir la transparence financière, complétés par des contrôles externes exercés par les juridictions financières et le Parlement.
Ce dispositif vise à garantir un équilibre entre contrôle politique, gestion opérationnelle efficace et responsabilité accrue, dans le cadre d’une politique nationale de souveraineté économique. aib+4
Une démarche politique et économique majeure
Ces nationalisations s’inscrivent dans une volonté politique claire d’affirmation de souveraineté industrielle portée par le président capitaine Ibrahim Traoré. Elles sont le fruit d’une prise de conscience collective des enjeux économiques et sociaux du pays, et d’une exigence de contrôle accru des ressources stratégiques par l’État burkinabè.
Cette stratégie vise non seulement à sécuriser les richesses nationales, mais aussi à favoriser un développement industriel endogène capable de répondre aux besoins essentiels des populations. Elle s’accompagne d’une réorganisation des mécanismes financiers et institutionnels pour donner à ces entreprises les moyens nécessaires d’assumer leur rôle dans l’économie du Faso.
Le chemin reste semé d’embûches, notamment sur le plan financier et managérial, mais le gouvernement affiche la détermination à poursuivre la reconquête économique et à garantir que ces entreprises servent réellement l’intérêt national.
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